Sur un site d'herboristerie, une image de banque se repère immédiatement. Le bocal trop propre, la lumière de studio, les fleurs disposées par quelqu'un qui n'y connaît rien.
Vos photos de téléphone, même imparfaites, valent infiniment mieux. Elles montrent vos plantes, votre atelier, votre travail. Il suffit de quelques réflexes pour qu'elles tiennent la route.
La lumière du jour, toujours
C'est la règle qui compte pour quatre-vingts pour cent du résultat. Éteignez le plafonnier et approchez-vous d'une fenêtre.
La lumière artificielle donne des jaunes sales et des verts éteints. Sur des plantes séchées, c'est particulièrement laid.
Le meilleur moment est un jour couvert, ou le matin quand le soleil ne tape pas directement. Le plein soleil crée des ombres dures et brûle les blancs.
Un fond simple, et toujours le même
Une planche de bois, un lin froissé, un plan de travail en pierre. Peu importe, tant que c'est calme et que vous gardez le même d'une photo à l'autre.
C'est cette régularité qui fait qu'un catalogue a l'air professionnel. Trente photos moyennes mais cohérentes rendent mieux que trente photos correctes prises sur trente fonds différents.
Choisissez votre fond une fois, notez où vous vous placez, et refaites toujours pareil.
Reculez, puis recadrez
Le réflexe est de coller l'objectif au plus près. Ne le faites pas : les téléphones déforment en gros plan et perdent le point.
Reculez de trente à quarante centimètres, prenez la photo, et recadrez ensuite. Vous garderez de la netteté et des proportions justes.
Montrez la matière
C'est ce qui distingue une photo d'herboristerie d'une photo de produit ordinaire. On veut voir le grain, les brisures, la couleur réelle des fleurs séchées.
Versez une poignée à côté du bocal. Ouvrez le sachet. Laissez un peu de désordre. Un tas de camomille photographié de près, avec les tiges et les pétales visibles, en dit plus long que n'importe quel argument.
Trois photos par produit
Une vue d'ensemble du produit conditionné, tel qu'il sera livré. Un gros plan de la matière. Et une photo d'usage : la tisane dans la tasse, le baume ouvert, le macérat sur un plan de travail.
Avec ces trois-là, une fiche produit est complète. Au-delà, vous y passerez du temps sans que ça change grand-chose.
Ce que je fais ensuite
Vous m'envoyez les photos brutes, sans les retoucher. Je m'occupe du reste : recadrage au bon format, harmonisation des couleurs d'une photo à l'autre, allègement pour que le site reste rapide.
C'est la partie technique, et elle n'a aucun intérêt pour vous. Ce que vous seul pouvez faire, c'est être là au bon moment, avec la bonne lumière, devant vos propres plantes.
Et l'atelier ?
Ne l'oubliez pas. Les photos qui marchent le mieux sur un site d'herboristerie ne sont pas les photos de produits : ce sont les photos de travail.
Les bouquets suspendus à sécher. Les mains qui trient. Les bocaux alignés sur l'étagère. Le panier au retour de cueillette. C'est ça qui donne envie de pousser la porte, parce que ça raconte quelqu'un.
Prenez-en une de temps en temps, même sans projet précis. Vous serez content de les avoir.

